Un groupement d'achat inédit entre les épiceries sociales de Pleyben et Douarnenez
16 juin 2026 - mise à jour le 16 juin 2026
Un groupement d’achat inédit entre les épiceries sociales de Pleyben et Douarnenez
Les centres communaux d’action sociale (CCAS) de Pleyben et de Douarnenez ont franchi une étape importante dans leur engagement en faveur des populations les plus fragiles. Depuis janvier 2025, les deux collectivités ont officiellement regroupé leurs épiceries sociales au sein d’un groupement de coopération sociale et médico-sociale. Cette démarche innovante, présentée comme une première en France pour deux CCAS gestionnaires d’épiceries sociales, a pour objectif principal de mutualiser les achats alimentaires et les produits d’hygiène afin de mieux répondre à une demande en constante augmentation.
Cette coopération est née d’un constat partagé : les besoins des ménages en situation de précarité alimentaire ne cessent de croître, tandis que les ressources traditionnelles peinent à suivre le rythme. Les collectes alimentaires, qui constituent historiquement une source importante d’approvisionnement pour les structures solidaires, ne permettent plus à elles seules de couvrir les besoins annuels. Face à cette réalité, les acteurs locaux ont choisi d’innover en mettant en commun leurs moyens et leurs compétences.
Le projet a été initié sous l’impulsion de l’Union départementale des CCAS du Finistère (UDCCAS 29). Cette organisation a joué un rôle moteur dans la réflexion menée autour de nouvelles formes de coopération entre les structures d’aide alimentaire. L’objectif est double : renforcer l’efficacité des dispositifs existants tout en garantissant un meilleur accès à des produits de qualité pour les bénéficiaires.
Grâce à la création de ce groupement d’achat, les deux épiceries sociales pourront désormais mutualiser leurs commandes, partager leurs stocks et optimiser leurs approvisionnements. Cette organisation commune doit également leur permettre de négocier des conditions d’achat plus avantageuses auprès des fournisseurs. En réduisant certains coûts liés aux achats, les structures espèrent dégager davantage de marges de manœuvre pour répondre aux besoins croissants des usagers.
À Douarnenez, l’épicerie sociale « Le Panier Ker Ys » joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des habitants confrontés à des difficultés économiques. La structure soutient aujourd’hui plus de 200 foyers et constate, comme de nombreuses associations et services sociaux, une hausse régulière des demandes d’aide. Pour faire face à cette situation, le CCAS de la commune a développé de nombreux partenariats avec différents acteurs du territoire.
L’épicerie sociale s’appuie notamment sur la Banque alimentaire, mais aussi sur des commerces locaux qui participent à l’approvisionnement en produits alimentaires. Cette dynamique de coopération s’étend également aux acteurs de l’économie sociale et solidaire. Parmi eux figure notamment l’ESAT Kan ar Mor, avec lequel des collaborations ont été mises en place afin de renforcer l’ancrage local du dispositif.
Au-delà de l’aide alimentaire, l’épicerie sociale de Douarnenez cherche également à promouvoir des pratiques plus durables et respectueuses de l’environnement. Dans cette perspective, des solutions écologiques ont été développées, notamment grâce à l’installation de distributeurs de produits biologiques en vrac. Cette démarche permet non seulement de réduire les emballages, mais aussi de favoriser l’accès à des produits de qualité pour les personnes accompagnées.
Le lancement expérimental du groupement d’achat bénéficie par ailleurs d’un soutien financier de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) du Finistère. Une aide de 7 000 euros a été accordée afin d’accompagner la mise en œuvre de cette nouvelle organisation et d’en évaluer les résultats. Ce financement constitue un levier important pour tester le modèle et mesurer les bénéfices qu’il pourrait apporter à long terme.
Les responsables locaux voient dans cette initiative bien plus qu’un simple outil de réduction des coûts. Ils espèrent qu’elle contribuera à renforcer l’accès à une alimentation équilibrée et de qualité pour les publics les plus fragiles, tout en améliorant la capacité des structures à répondre rapidement aux besoins des bénéficiaires.
Cette expérience témoigne plus largement de l’évolution des politiques sociales menées par les collectivités locales. Si l’aide alimentaire d’urgence demeure indispensable, les acteurs publics cherchent désormais à construire des dispositifs plus pérennes et mieux structurés. L’enjeu est de développer des réseaux de solidarité durables capables de soutenir l’économie locale, de favoriser les coopérations territoriales et d’apporter des réponses adaptées à la progression de la précarité alimentaire.
En réunissant leurs moyens au sein d’un même groupement, Pleyben et Douarnenez expérimentent ainsi une nouvelle forme de solidarité territoriale. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres collectivités confrontées aux mêmes défis et contribuer à renouveler les pratiques d’accompagnement des personnes en difficulté.