Chenilles processionnaires du chêne : De nombreux foyers signalés en Bretagne, appel à la vigilance !
16 juin 2026 - mise à jour le 16 juin 2026
Chenilles processionnaires du chêne : la Bretagne confrontée à une prolifération exceptionnelle
Les autorités sanitaires bretonnes tirent la sonnette d’alarme face à une recrudescence inhabituelle des chenilles processionnaires du chêne sur l’ensemble du territoire régional. Dans un communiqué publié le 8 juin 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne appelle la population à la plus grande vigilance alors que de nombreux foyers ont été signalés ces dernières semaines.
Selon les observations recueillies par les services compétents et les différents signalements remontés du terrain, la présence de ces insectes atteint un niveau rarement observé. La situation actuelle est même comparée à celle de 2007, année de la dernière grande pullulation recensée en Bretagne. Face à cette prolifération exceptionnelle, les services de l’État, les collectivités locales et plusieurs partenaires spécialisés se mobilisent afin de limiter les risques pour la population et mettre en œuvre des mesures de gestion adaptées.
Si la présence de chenilles processionnaires constitue avant tout un enjeu environnemental, elle représente également un véritable problème de santé publique. La période comprise entre le printemps et le milieu de l’été correspond à la phase où les chenilles processionnaires du chêne sont les plus actives et où les risques d’exposition sont les plus élevés. Ces insectes possèdent en effet des milliers de poils microscopiques urticants, appelés soies, qu’ils peuvent libérer lorsqu’ils se sentent menacés ou soumis à un stress.
Le danger réside dans la facilité avec laquelle ces poils se dispersent dans l’environnement. Transportés par le vent, ils peuvent se déposer sur les vêtements, la peau, les muqueuses ou encore les surfaces environnantes. Un simple passage à proximité d’un arbre infesté peut ainsi suffire à provoquer une réaction chez certaines personnes, même sans contact direct avec les chenilles.
Les conséquences sanitaires peuvent être variées. Le contact avec la peau provoque généralement l’apparition de rougeurs, de démangeaisons parfois intenses ou encore d’éruptions cutanées douloureuses. Les zones les plus exposées sont souvent les parties découvertes du corps, notamment les mains, les poignets, les avant-bras, le visage ou le cou.
Les yeux constituent également une zone particulièrement sensible. Une exposition aux poils urticants peut entraîner une conjonctivite caractérisée par des rougeurs, des douleurs et un larmoiement important. Dans les cas les plus graves, lorsque les poils atteignent les structures internes de l’œil, les lésions peuvent devenir sévères et nécessiter une prise en charge médicale rapide.
L’inhalation des soies peut également provoquer des irritations des voies respiratoires. Les symptômes observés vont des éternuements et maux de gorge à des difficultés pour avaler. Chez certaines personnes sensibles, des inflammations plus importantes peuvent entraîner des troubles respiratoires nécessitant une consultation médicale.
L’ingestion accidentelle de poils urticants est une autre voie d’exposition possible. Elle peut provoquer une inflammation des muqueuses de la bouche et du système digestif, accompagnée de douleurs abdominales, de vomissements ou d’une hypersalivation importante.
Les animaux domestiques ne sont pas épargnés. Les chiens, notamment, figurent parmi les espèces les plus exposées en raison de leur tendance à renifler ou lécher les chenilles et leurs nids. Les vétérinaires recommandent une consultation rapide dès l’apparition de symptômes suspects.
Afin de limiter les risques, l’ARS Bretagne rappelle plusieurs règles de prudence. Il est fortement déconseillé de toucher les chenilles, leurs nids ou leurs cocons. Les habitants sont également invités à éviter de pique-niquer ou de stationner sous les arbres infestés. Une vigilance particulière est demandée aux parents de jeunes enfants ainsi qu’aux propriétaires d’animaux de compagnie. Lors des promenades ou travaux à proximité des zones concernées, le port de vêtements couvrants est recommandé.
Les autorités insistent également sur le fait qu’il ne faut jamais tenter de détruire soi-même les nids. Ces interventions nécessitent des équipements adaptés et doivent être réalisées par des professionnels qualifiés. Les traitements insecticides, lorsqu’ils sont utilisés, doivent être associés à des solutions d’élimination appropriées et effectués dans des conditions de sécurité strictes.
En cas d’exposition, il est conseillé de prendre rapidement une douche et de changer de vêtements, sans frotter les zones touchées afin d’éviter la dispersion des poils urticants. Les yeux doivent être abondamment rincés en cas de contact. Une consultation médicale est recommandée lorsque les symptômes persistent ou présentent un caractère important.
Face à cette situation exceptionnelle, l’ARS Bretagne souligne également l’importance du signalement des foyers de chenilles processionnaires. Les habitants peuvent informer les organismes compétents de toute présence suspecte afin de faciliter la détection précoce des zones infestées et l’organisation des opérations de gestion. Une mobilisation collective qui apparaît aujourd’hui essentielle pour limiter l’impact de cette prolifération sans précédent sur le territoire breton.